Les femmes de Béjaïa lancent un appel à manifester le 9 mars pour l’égalité des droits et contre le code de la famille

Le collectif des Femmes Plurielles de Béjaïa a lancé un appel à la société civile de se rassembler le 9 mars pour l’égalité des droits. Le rassemblement aura lieu à la place Gueydon à 10h.

La femme algérienne n’a pas obtenu ses droits suite à la révolution de 1962, la révision du code de la famille lui a envoyé encore davantage de droits. Cette situation d’inégalité est une insulte à l’intelligence du peuple algérien. La femme algérienne a toujours été là pour défendre la patrie, de la Kahina à Lalla Fatma Msoumer. Les combattantes de la révolution comme Djamila Bouhired, Meriem et Fadila Saadane, Zoulikha Bekkadour, Fatima Zekkal Benosmane, Mamia Chentouf, Alice Cherki, Djamila Boupacha, Nassima Hablal, Izza Bouzekri, Hassiba Ben Bouali, Meriem Abdelaziz et tant d’autres ont combattu pour la patrie et pour leurs droits. Le flambeau doit être repris, l’égalité des droits est nécessaire au bon fonctionnement de la société algérienne.

Vous pouvez lire ci-dessous le communiqué de l’association,

La déclaration:

8 mars, journée internationale des droits des femmes, journée de lutte pacifique, de révoltes douces, de cri de liberté. Une journée de mobilisation pour la citoyenneté, pour l’égalité des sexes, pour la justice sociale et pour l’autonomie des femmes. Faisons de cette journée, une journée de Marche ! Nous, femmes militantes de Béjaïa et femmes citoyennes, nous nous rassemblons, nous nous unissons, nous fédérons nos volontés et nos énergies saines pour poursuivre le combat des premières militantes pour la Liberté. La rue est notre espace pour rompre le silence, dire et réclamer notre existence entière, dénoncer, revendiquer, résister vivre et exister dignement. L’émancipation de la femme est avant tout une émancipation humaine, universelle et existentielle. C’est un combat qui s’inscrit dans la lutte collective d’affranchissement de toutes les formes d’oppression, de domination et d’asservissement. Les femmes sont mises dans des positions de vulnérabilité, de précarité, de fragilité, d’instabilité, d’insécurité et de domination de tout bord. Et tant qu’elles ne sont pas libres, tant qu’elles sont réprimées dans leur existence, tant qu’elles sont confinées dans la sous citoyenneté, nous dénonçons leur condition, nous luttons et nous marchons pour la libérer de toutes les chaînes, de toutes les répressions !

Les femmes sont les premières victimes des crises et de toutes les convulsions qui secouent le pays. Nous dénonçons le contexte politique actuel, délétère et inquiétant, marqué par une crise multidimensionnelle : économique, idéologique, sociale, et politique, et qui vise à nous priver de l’exercice des droits et libertés fondamentales. Nous dénonçons l’oppression patriarcale et les traditions archaïques qui nous bâillonnent jusqu’au déni de notre citoyenneté. Nous dénonçons l’islamisme forcené qui gangrène l’école et la société, la prégnance de la misogynie, le féminicide, le sexisme, le poids des codes sociétaux, les violences de toutes les formes, les violences machistes et la domination de la pensée idéologique, régressive, despotique et attachée aux valeurs vénales. Nous dénonçons la culture de la haine et du viol, du rejet et du paternalisme, nous dénonçons l’indifférence et la complicité des institutions, des pouvoirs publics et de la justice, gangrenées par l’esprit patriarcal qui sévit face aux victimes des harcèlements et des violences. Nous dénonçons le code de la famille qui alimente les clivages et qui maintient les femmes dans la soumission, sous le joug du tutorat et dans le rang du sexe faible. Des mentalités, des attitudes, des pratiques et des réflexes persistent et se conjuguent au quotidien et au masculin. On continue à se liguer contre la femme pour en faire toujours un être de seconde zone. Le combat de la femme passe par la mobilisation de toutes les femmes éprises de leur liberté, de leur dignité.

Notre sort est entre nos mains, seule notre implication effective et continue est à même d’arracher nos droits. La conscience des hommes démocrates et justes ainsi que leur solidarité agissante nous sont aussi nécessaires. Elles se doivent de se manifester comme un gage de leur démarcation des mentalités rétrogrades dépassées par le temps. C’est pour cela que nous lançons un appel à la société civile, hommes et femmes, de tous les âges, de toutes les identités, de toutes les localités de la wilaya à participer à Un Rassemblement le samedi 9 mars à 10h à Place Gueydon.

«N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou    religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis, vous devez rester vigilantes votre vie durant.» Simone de Beauvoir.

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