La lente agonie du cheval algérien

Le cheval, compagnon de l’espèce humaine depuis plusieurs millénaires, tend à disparaitre en Algérie.

Le pays ne compte plus qu’environ 30 000 chevaux, c’est-à-dire dix fois moins qu’au Maroc voisin.

Pourtant l’Algérie est un pays doté d’une culture et d’une histoire équestres qui sont riches. Le cheval a servi à la guerre et aux champs pendant des siècles. Le cheval du Maghreb, la race barbe, en particulier est considérée comme particulièrement résistante et endurante. Le cheval barbe peut résister aux aléas climatiques et il a des besoins alimentaires modestes. Il a été utilisé en Afrique du Nord mais aussi en Espagne et même jusqu’aux Amériques lors des expéditions espagnoles à la conquête du continent.

Il a été aussi utilisé par l’armée française, c’était la monture des régiments des spahis.  En Algérie est née aussi l’arabe-barbe, un croisement entre le pur sang arabe et le cheval barbe. Ce croisement possède les qualités des deux races, très sportif, très endurant, très résistant et très énergique.

 

Fantasia_à_Ain_Larba
Waada au village d’Ain Larba dans la wilaya d’Ain Temouchent (photo wikimedia: 2016/Walid Beghdadi)

 

Dans le Haras national de Chaouchaoua, qui a été fondé en 1877 sous le nom de Jumenterie de Tiaret, le cheval pousse son chant du cygne. Au début du siècle dernier naissait jusqu’à 22 000 poulains par an au sein de ce haras, afin d’alimenter l’armée française mais aussi pour les travaux agricoles. Certaines lignées issues de ce haras ont triomphé sur les hippodromes et dans les courses hippiques du monde entier.

Avec la mécanisation, l’armée et l’agriculture n’ont plus besoin de chevaux, ainsi les besoins n’ont cessé de diminuer. Le hippisme quant à lui est presque mort en Algérie, peu de courses, le cheval ne passionne plus ce peuple qui en avait été si fier et amoureux pendant si longtemps.

Le Haras national de Chaouchaoua ne possède plus que 208 chevaux, dont la moitié sont des pur-sangs arabes. L’établissement ne reçoit pas de subvention, il survit grâce à la vente de fourrage et céréales cultivés sur les terres du haras.

Récemment les Algériens qui aiment les chevaux se sont passionnés pour les races importées, alors que le barbe, le pur sang arabe et l’arabe-barbe sont trois races considérées comme parmi les meilleures mondiales en tout point de vue. De plus le haras a souffert de la concurrence d’éleveurs privés. Pour ces raisons, le commerce des chevaux ne suffit pas à assurer la survie de cet établissement, trésor du patrimoine algérien, qui se meurt.

L’Algérie qui dispose d’une très ancienne tradition équestre, entre l’art de la guerre, l’agriculture et l’art de la fantasia, laisse mourir un de ses animaux emblématiques, d’une mort silencieuse et calme comme une chevauchée dans le désert.

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